2 enquêtes publiques viennent d’être ouvertes (et seront d’ailleurs très prochainement fermées : aujourd’hui pour la première et le 22 Octobre pour la seconde) :
La révision simplifiée n°1 bis du POS Partiel N°3 de la commune relatif au projet de requalification du boulevard circulaire Sud sur Puteaux en bvd urbain
Elle a pour objet de tisser du lien entre la dalle de
la Défense et la ville de
Puteaux. En un mot, d’aplanir le circulaire, de développer des zones piétonnes et cyclistes, d’aménager quelques espaces verts. «De faire joli » nous dit le Maire de Puteaux.
Excellente idée : désenclaver la Défense et unifier des zones jusqu’ici très contrastées s’impose. Faire descendre la Défense dans les villes alentour aussi…
Faut-il pour cela lancer une enquête publique et procéder à une révision de POS ? Non, nous dit l’enquêtrice. Car l’opération poursuit un autre but : dégager de la surface à construire sur la partie libérée par le circulaire ! L’EPAD doit construire, produire et vendre du bureau… et Puteaux est l’un de ses réservoirs ! C’est ainsi qu’autour de la « Rose de Cherbourg », à proximité immédiate de la Défense 2000, Eve, et Boieldieu vont surgir, de moins en moins improbablement, des tours de 200 à 300 ms de hauteur ! Avec tout ce que cela suppose de populations de transit, d’engorgements de transports, de saturation des parkings, de bruits de construction… et peut être aussi de moins-value immobilière pour les appartements alentours.
Qui s’en préoccupe ? La ville, l’EPAD, le Président de la République évoquent l’inéluctabilité de la densification autour de Paris et la fierté de participer à l’édification d’un grand centre d’affaires international !
Les habitants ? Des variables d’ajustement. Notre Mairie pourrait dire quelque chose et chercher à obtenir des aménagements ou des garanties. Mais il faudrait pour cela qu’elle sorte enfin de la complicité silencieuse qu’elle entretient avec la toute-puissante EPAD depuis les origines…
Or, on l’a bien vu avec les évènements de ces derniers jours : le Maire se tait : sur la requalification du circulaire et ses conséquences, sur le hold up que réalise l’EPAD sur notre ville en fusionnant (sans que la population de Puteaux ait été consultée) avec l’EPASA, sur l’élection de Jean Sarkozy à la tête de cet établissement public élargi...
Puteaux ne pilote plus son destin. Désormais, c’est l’EPAD/EPASA qui pense pour elle. Demain ? Elle ne pilotera plus non plus ses recettes. Dans ce contexte, les intérêts particuliers des uns et des autres ne pèsent rien ou presque. Et sous couvert d’une écoute souriante, le Maire de Puteaux les envoie directement aller se faire tamponner ailleurs…
La révision simplifiée N°4 du POS partiel N°1 de la commune de Puteaux relative au projet de création d’une ZAC dénommée « Coeur de ville »
Elle doit permettre à la ville de Puteaux de procéder à l’aménagement nécessaire de certains îlots insalubres ou très abîmés autour du quartier haussmanien : par exemple, l’immeuble au coin de la place Stalingrad et de la rue Marius Jacotot. Sans doute la réhabilitation de ces bâtiments étaient-ils une opération trop lourde pour l’OPAH ? Faute d’information, je mets cela sous réserve d’inventaire.
Pour améliorer l’architecture du quartier autour de la Mairie, la ville sort la batterie lourde !
Il lui faut exproprier et démolir : ce n’est jamais populaire. Elle choisit donc la forme de la ZAC, qui seule permet de procéder à des expropriations. Elle justifie donc la ZAC en annonçant l’implantation d’établissements publics, en l’occurrence le déplacement dans cette zone de Bourse Emploi, Puteaux Emploi et de la future Maison du Droit. « Les établissements publics, cela marche toujours bien pour justifier une ZAC », nous dit-on… Remarquez, si cela améliore l’employabilité des jeunes Putéoliens, nous serons les premiers à nous réjouir !
Puis la ville adopte un discours social : « je construirai 15% de logements sociaux ». A ceux qui sont pour comme à ceux qui sont contre, y compris à ceux qui n’ont pas d’avis, je signale simplement qu’il ne s’agit pas là d’une option, mais tout simplement du cahier des charges réglementaires d’une ZAC… Mais c’est de bonne guerre de vouloir se l’attribuer !
Elle nous fait part de ses objectifs de développement commercial : « nous renforcerons une attractivité commerciale au centre-ville ». N’imaginez pas pour autant une révolution copernicienne : la surface attribuée au commerce de proximité reste sensiblement la même. Les façades seront rénovées et, avec un peu de chance, l’offre renouvelée. Mais si près de la Défense, et en l’absence d’une politique d’urbanisation commerciale explicite, on se contentera d’une retouche du décor…
Lequel sera amélioré puisque la décoration reste quand même la spécialité préférée de notre Maire : circulation piétonne, arbres, espaces verts, rien des ingrédients habituels ne manqueront à l’appel. Je n’ai aucun doute que ce sera réussi…
Pour les « haussmaniens » qui se posent des questions sur les hauteurs d’alignement de la zone et la réalité de la « percée verte » : un conseil, ne rêvez pas ! L’aménageur qui prendra en charge la construction des immeubles doit prendre aussi en charge la construction des équipements publics et des logements sociaux ( offre totale : 281 logements privés et 39 logements sociaux). Il lui faudra donc trouver un équilibre de rentabilité. Celui-ci ne se fera pas à 3 étages, mais plus probablement à 5 ou 6. Quant à la percée verte, il s’agit probablement d’une ouverture par grille sur les jardins intérieurs de la résidence, et certainement pas une trouée en hauteur permettant de conserver des vues imprenables sur les fontaines ;
Pour ceux qui se demandent si 39 logements sociaux suffiront à reloger ceux qui auront été expropriés à faible coût (compte-tenu de la dégradation de certains immeubles), je laisse à leurs convictions personnelles le soin de la réponse…
C’est plus clair en le disant que sans le dire, non ?
Sylvie Cancelloni
Conseillère MoDem de Puteaux
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