Soucieuse d’affirmer sans cesse sa légitimité, la municipalité de Puteaux copie depuis quelques années des initiatives d'autres mairies reconnues comme un succès pour avoir revitalisé le fonctionnement économique et démocratique de leur cité.
Mais la copie demande aussi du talent ! Un premier exemple, avec le Conseil économique et social de la ville (CES).
En matière d’innovation et de flexibilité économiques, certains maires ont parfaitement vu que lorsqu’on enracine étroitement une entreprise dans son territoire, cela peut générer une dynamique d’entraide, d’effets d’échelle, de complémentarités, et de solidarités tournées vers l’efficience. Il en nait un profit collectif.
C’est l’intuition profonde du maire de Neuilly, Jean-Christophe FROMANTIN, qui fait aujourd’hui de ce constat le socle du travail de refondation politique qu’il mène au sein de TERRITOIRES EN MOUVEMENT…
La pépinière d’entreprises lancée dans la ville de Neuilly est, à ce titre, exemplaire :
- Identifier et sélectionner, dans un jury indépendant, des start-up innovantes, complémentaires du bassin économique dans lequel elles se trouvent (La Défense)
- Convaincre les grandes entreprises de la ville de leur céder un espace au sein de leurs bureaux
- Accompagner les start-up pendant leur phase de décollage : ce sont les cabinets de conseil de la ville qui s’y mettent
L’ensemble fonctionne sans investissement matériel de la ville, sans inoculation nouvelle d’argent public. Il donne à l’entreprise un effet de levier pour l’emploi. Il suffit d’un maire-entrepreneur porteur d’une conviction, et d’entreprises confiantes dans un partenariat à échelle d’hommes…
Je regrette qu’à Puteaux, capitale de La Défense enserrée dans le plus beau parterre d’entreprises de toute l’Ile de France, le maire, pourtant député et présidente de l'EPADESA, l'aménageur public de La Défense, n’ait pas su porter un projet aussi simple et novateur. Le vivier est immense : il faut lui donner un sens et une impulsion. A Puteaux, les vieilles lunes résistent : le CES, réservoir d’une soixantaine d’individualités choisies sur d’autres motifs que leur expertise, sans compétence particulière, forme une basse-cour bavarde incapable d’accoucher d’un projet à valeur ajoutée. Je n’ai pas non plus relevé une contribution imaginative ou innovante aux missions de la Maison de l’Emploi, déployée pourtant sur plusieurs villes : l’information y remplace l’action.
C’est du gâchis. La localisation de Puteaux est une richesse. Avec Courbevoie, elle pourrait relever le défi d’une vision entrepreneuriale autrement plus ambitieuse que de multiplier les petits déjeuners en mairie, confondre start-up et artisans (chacun a des besoins spécifiques), s’appuyer sur des conseillers vassalisés et faire du lobbying électoraliste… L’annonce de la création d’une structure intercommunale à l’économie et au tourisme pour l’agglomération Seine-Défense n’ajoutera rien, si ce n’est une structure publique de plus. En l’état actuel des choses, on reste dans l’incantation.
Le CES, comme la future antenne intercommunale ne sont pas dans l’action : ce sont des entités de paille, tournées comme un rétroviseur vers des modèles dépassés. Désespérément inopérantes.
Pourtant, les entreprises existent, les créateurs de projet aussi. Un gisement inexploité reste ouvert aux audacieux. Reste à trouver l’élu local à même de fédérer et de servir toutes ces énergies.
Aujourd’hui, l’avenir à construire passe par une bonne gouvernance, par une bonne personne, à la bonne place…
Sylvie Cancelloni
Conseillère municipal de Puteaux
(photo : Flickr)
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