« Mon village dans un monde global » : en franchissant d’un pas de géant l’espace entre nos communes et le monde dans ce titre, Jean-Christophe Fromantin, Maire de Neuilly-sur-Seine et auteur de l’ouvrage qui vient de sortir en librairie, manifeste une volonté très nouvelle de sortir la réflexion politique de ses ornières hexagonales pour la remettre en projet.
Ce monde qui change tout le temps, observe-t-il, impose une plasticité et une requalification constante des atouts et des compétences de chacun. Pour ne pas se condamner à courir derrière les évolutions, il nous propose d’abord un retour aux valeurs : sur lesquelles faut-il s’appuyer pour permettre à un territoire, quel qu’il soit, de trouver sa place dans le mouvement du monde tout en préservant une unité humaine, culturelle et harmonieuse dans ses équilibres de vie ?
Ces valeurs sur lesquelles accrocher plus tard un développement, c’est pour lui le premier travail de l’homme politique. Deux citations donnent le ton de l’ensemble : celle de Max Weber rappelant que "la politique, c’est le goût de l’avenir" et celle de Léopold Senghor qui parle de la mondialisation non comme la rencontre élargie de l’offre et de la demande économique et financière, mais comme le "grand rendez-vous du donner et du recevoir" et donc le lieu d’une nouvelle forme de partage.
Jean-Christophe Fromantin l’a compris et le dit : la politique doit s’inventer de nouveaux chemins. La conduite au rétroviseur n’est plus, les modèles anciens se perdent dans le vide. On crée de plus en plus vite des solutions qui puisent au passé sans construire d’avenir. Il faut refonder un "vivre ensemble" où l’espérance, le projet, la confiance seront le moteur, comme ils l’ont toujours été.
Lancée dans une surenchère de recherche « pratique » de solutions, la politique française, parce qu’elle n’a pas posé la question de l’horizon à atteindre, se perd chaque jour un peu plus. Et avec elle, le crédit et la confiance en l’avenir.
Chaque territoire devient alors terre de conquête : à tous les niveaux, local, intercommunal, départemental, régional, on peut partir à la recherche du sens collectif à mettre en œuvre, créer de nouvelles formes de richesse, favoriser des interdépendances de solidarité et d’échanges, et développer des fiertés de territoire…
Cette recherche, cet horizon dépend des hommes et des femmes qui l’entreprennent. C’est cela le nouveau défi politique pour demain.
Sur ce terrain, nous ne sommes pas tous égaux : à Puteaux, nous avons encore du retard… Jean-Christophe Fromantin raconte lui-même que son démarrage en politique, il l’a fait sur l’intuition profonde que le "renouveau" préconisé par le Président de la République lors de sa campagne, "n’était pas incarné par la candidature du député de ma circonscription (…) J’ai écrit au Président de la République pour le lui dire. Faute de réponse, je me suis porté candidat aux législatives".
En ces mots très sobres, il exprime ce qu’à Puteaux, nous commençons à ressentir : la politique au service de soi ou d’une famille n’est plus guère supportable. Et que pour réfléchir de façon renouvelée, se projeter dans l’avenir, oser une parole audacieuse, défendre une vision, il faut d’abord oublier son intérêt personnel.
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