Partant du constat que la défense de la musique classique est peu représentée dans le département du 92, la ville de Puteaux pérennise le rendez-vous lancé en 2008 autour du chanteur Roberto Alagna pour en faire un grand évènement annuel.
Excellente nouvelle pour ceux qui, jusque là, trouvaient la politique culturelle de la ville un peu cachectique. Excellente nouvelle aussi pour tous ceux qui se demandaient ce que la ville allait faire des impôts qu’elle n’a pas baissés cette année : le Festival international de musique de Puteaux devient désormais notre nouvelle danseuse…
Bien sûr, le constat de départ peut être discuté : le Conseil Général des Hauts-de-Seine, les conservatoires d’excellence sur 92, et en particulier ceux de Boulogne, Bourg-la-Reine ou Meudon apprécieront sans doute moyennement de voir leurs initiatives de rayonnement musical réduites au diagnostic de « petit braquet ».
D’autant qu’en même temps, ils pourraient objecter que notre conservatoire local n’est pas cité sur les sites départementaux (http://www.france-entreprises.fr/hauts-de-seine/conservatoires-de-musique.htm) et qu’il vient à nouveau, en plein milieu d’année, à la veille des examens, de congédier sa directrice, dont le Maire nous dit d’ailleurs qu’elle ne faisait qu’ « office de Directrice » ! Vraie ou fausse directrice, un bulletin de santé du Conservatoire municipal de Puteaux, et un rappel de ses ambitions pour l’année, serait d’ailleurs le bienvenu…
Mais qu’importe ! On parlera enfin de Puteaux pour autre chose que ses histoires de famille ou ses grandes sagas somptuaires…. Nous ne pouvons donc que nous féliciter qu’un chantier culturel ambitieux se mette enfin en place dans notre ville.
Encore faut-il, pour un projet de cette ambition, ne miser que sur la meilleure qualité en terme de choix de programmes et de prestataires musicaux, et sur une totale transparence en terme de montage administratif et financier.
Vous l’avez compris : c’est là que les difficultés commencent !
Confiées en 2008 à une charmante dame de Neuilly, Madame S, présidente d’une maison de production musicale qu'on qualifiera de très "confidentielle", les clés du Festival 2009 sont remises à un nouveau partenaire : une association putéolienne, crée fin novembre 2008 (il y a 5 mois), sans adhérents, domiciliée à la maison des associations et présidée devinez par qui? … Madame S ! Cette dame et son association toute neuve, nommée Musicarte, vont donc recevoir une subvention de 50.000 euros de Puteaux, complétée par 50.000 euros du Conseil Général des Hauts-de-Seine, et 60.000 euros de
la Caisse
des Dépôts et Consignation.
Mazette ! Cette dame, qui ne semble pas manquer d’entregent, a manifestement trouvé un nouveau souffle en recyclant, par la structure associative, des financements publics.
Disons-le tout net : cette transformation de circonstance pourrait évoquer, pour des personnes malveillantes bien sûr, quelque chose qui ressemblerait étrangement à un « arrangement entre amis » !
Vous pourriez m’objecter : « donnons leur chance à des gens qui ont du talent ! ». Pas si simple : aucune référence n’est disponible ni sur la dame, ni sur la société et encore moins sur l’association. Passez votre nuit à chercher : vous ne trouverez pas ! Pas plus que vous ne trouverez comment devenir adhérent de Musicarte. Vous trouverez en revanche quelques informations sur Guido Marini, ami de Madame S, chef d’orchestre mineur à Nice, qui fait un peu figure de « second couteau »…. Le genre qui a justement besoin du coup de pouce d'un destin bienveillant !
J’arrête la critique : vous allez me reprocher de ne faire que cela…
Je crois toutefois, et je le dis fermement, que lorsqu’on monte une opération de l’envergure d’un Festival international de musique, il faut une architecture artistique solide et une transparence résolue des méthodes. Il y a des règles simples à suivre : un directeur artistique, un vrai projet, la recherche de partenariats avec les associations locales pour faire naître des retombées sur la ville, une cohérence avec la politique du Conservatoire, des talents locaux à mettre en valeur, une politique de diffusion claire (continue-t-on à vendre des places chères et pour d’autres que les Putéoliens ?)…J'en oublie...
Il est aussi prévu d’y associer les enfants : quelle préparation en amont avec eux et leurs professeurs, quelle pédagogie développer dès maintenant pour que cet évènement s’enracine en profondeur dans la vie de la ville ? Sur quel vrai ou faux Directeur s'appuyer ?
Nous aurons à Puteaux un Festival qui coutera près de 160.000 euros. Au bas mot, puisque d’autres coûts sont à prévoir (prêt du théâtre, personnel, champagne pour tous à la fin du spectacle…). Même si nous n’en supportons pas tous les frais, soyons exigeants.
Sortons des effets de vitrine, des copinages de cocktail, des coups de cœur d’un jour… et faisons-en un vrai projet de rayonnement pour la ville. N’ayons donc pas peur de le faire en parfaite visibilité.
Pour ne plus avoir à rougir des sarcasmes sur la gestion de notre commune.
Pour être fier, un jour, d’être putéolien.
Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux
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