C’est dans un contexte très tendu par les affaires du Canard enchaîné et des logements sociaux que s’est déroulé vendredi le dernier Conseil municipal de l'année. En 2011, nous en aurons eu 5, alors que la majorité des villes pratique une rencontre quasi mensuelle, afin de ne pas surcharger l’ordre du jour et de pouvoir approfondir les dossiers.
Ce n’est pas l’objet des Conseils à Puteaux. La surcharge est toujours là : plus de 50 questions hier, parfois détachées de leur temporalité, compressées jusqu’à l’ultime limite de temps. Converti souvent en chambre d’enregistrement, le Conseil traite de la même façon des engagements de travaux de plusieurs dizaines de millions d’euros et le fonctionnement quotidien de la ville. Cette surcharge impose un traitement à-la-va-vite, et accentue la monotonie des lectures de dossiers à voix haute, par des Conseillers de la majorité manifestement pressés d’en finir.
Comme d’habitude, Vincent Franchi l’emporte dans la surenchère de la lecture »trainante », décrochée de son sens par de bizarres tournures de voix, pratiquant d’obscures feintes faisant mourir d’un rire gras les conseillers à la ronde. Cette insouciance des sujets, la posture continue de défi et l’implication distraite des conseillers municipaux ne laissent pas de me surprendre, malgré les années qui passent. J’ai de la peine pour ceux qui avaient de la valeur et qui sont allés se perdre dans un cirque où le Maire, pourtant de plus en plus discrédité, continue néanmoins de fasciner sa troupe et de la conduire à l’abîme. Le Guépard de Visconti sans l’esthétisme ni l’élégance…
Nous avons renoncé depuis longtemps à espérer un approfondissement des dossiers : alignant quelques données chiffrées ou prévisions, soufflées la plupart du temps par le Cabinet, avec un ton de maitresse d’école racontant l’histoire de la « petite fille aux allumettes », le Maire improvise des réponses mêlant l’émotion, l’affectif, la vacherie, et se tire par des pirouettes des questions difficiles. Ce n’est pas l’objet : son souci, c’est de ne pas perdre la face. Entourée des visages hilares de conseillers et des membres de son cabinet qui se pâment à chacune de ses plaisanteries, je ne suis pas sûre que ce soit si facile…
Autant dire que, sur tous les sujets sensibles aujourd’hui, nous n’avons eu aucune réponse de fond. Nous le savions d’avance. Mais quelle tristesse. Cette majorité se moque de nous, des citoyens, des incertitudes, de l'avenir et de notre avenir. Elle joue avec les mots. Elle travestit les situations. Elle se moque des personnes. Elle épilogue sur n’importe quel sujet pourvu qu’elle fasse du bruit avec sa bouche…
A l’extérieur, loin du palais, malgré le décor d’Alice, les illusions laissent peu à peu leur place à un franc dégoût.
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