Avez-vous gardé en mémoire les Rencontres musicales de Puteaux ? La formule s’est un peu cherchée pendant 2 années, en 2009 et 2010, accouchant en 2011 d’un concours de Bel Canto – dont la lauréate semble être promise à une belle carrière – et de l’invitation de la prestigieuse cantatrice – mais pas toujours présente à ses rendez-vous – June Anderson.
De bons ingrédients dans cette manifestation, mais mal calibrés. Nous nous étions étonnés à plusieurs reprises d’une opération culturelle surdimensionnée, en surplomb des attentes putéoliennes (les concerts étaient manifestement peu fréquentés et beaucoup de places distribuées gratuitement au dernier moment pour remplir en vain la salle) et de l’importance du financement local.
Auprès du maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud qui nous répondait en évoquant de grandes ambitions pour Puteaux, auprès de son fils Vincent Franchi, responsable de la culture, nous dénoncions l’aventurisme de l’opération, sa légère mégalomanie, l’absence d’une direction culturelle et d’une stratégie de cohérence avec le conservatoire, les écoles et les associations, ainsi que le manque d’évaluation des différentes étapes. Aucune relecture de l’opération ne s’est faite en conseil municipal alors que la ville l’a quasiment financé in extenso.
Ouvrant le programme culturel de l’année à Puteaux, et stupéfaite de n’y voir figurer aucune « Rencontre musicale », je me suis rendue sur le site www.lesrencontresmusicalesdeputeaux.com et ai découvert que… Puteaux, c’est fini. L'adresse renvoie désormais au site de l'association Musicarte, productrice de la manifestation défunte. Sans commentaire. Pas davantage sur le site de la municipalité.
Exit donc silencieusement une manifestation à laquelle la majorité municipale n’a cessé de marquer son attachement et sa conviction, que le fils a survendu pour démontrer des compétences culturelles dont, sincèrement, on doutait. Résultat : plusieurs centaines de milliers d'euros investis sans lendemain, et pour moi, un procès qui se déroulera en janvier 2012, pour avoir révélé que des artistes protestaient de ne pas être payé, alors que Puteaux finançait quasiment tout.
Pour être sincère, j’adorerais voir naître une manifestation culturelle lyrique de grande qualité à Puteaux. Mais cela prend du temps, il faut être humble pour se tailler une légitimité, il faut commencer petit pour grandir harmonieusement, il faut définir une politique culturelle exigeante qui ne se résume pas à l’artiste invité… Il faut ce que la ville peine toujours à comprendre : tout ne s’achète pas et c’est à partir des énergies locales (et non d’un caprice ou d’un engouement) qu’on réussit un projet.
Il nous reste à chercher ce que sont devenues nombre d’initiatives du même genre, et notamment notre fameux Orchestre des Jeunes. Nous partons à l’enquête…
Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale d'opposition
membre du groupe Alternance Puteaux
A l'heure où on ne cesse de nous dire que la décentralisation est le remède à tous les maux, qu'il faut en passer par la réduction des budgets publics, où on nous parle d'efficacité, d'évaluation des politiques publiques, une telle gabegie est insupportable.Trois éditions et puis plus rien...Nous aurions préféré une aventure plus modeste, comme on peut en voir ailleurs, mais qui soit durable. Elle aurait fait l'objet d'un débat démocratique qui aurait peut être permis de trouver une idée à la fois originale et adaptée à l'environnement de la commune. Pour avoir participé à quelques soirées, je garderai le souvenir d'une promesse non tenue, d'un théâtre à moitié vide, de l'enthousiasme convenu et factice de certains, mais aussi d'une merveilleuse soirée dans une salle confidentielle avec le Trio Wanderer....quel gâchis.....
Rédigé par : Claudine | jeudi 03 novembre 2011 à 22h01