Défendons les villes de la Défense !
La campagne des régionales vient d’ouvrir, dans une relative indifférence. En Ile-de-France, c’est particulièrement regrettable. A La Défense, c’est carrément grave.
Tout le monde a entendu parler du projet de « Grand Paris ». Ce qu’on ne sait pas assez, c’est qu’il faut, pour lancer un tel projet, un schéma directeur : cela, c’est l’affaire du Conseil régional, celui-là même qu’on doit élire. En face, il faut la coopération de l’Etat… et son financement. Car sans argent, même avec un superbe schéma directeur, rien ne peut se faire.
C’est là que le bât blesse : les 2 faces du Grand Paris ne se rencontrent pas ! L’Etat fait ce qu’il veut sans se préoccuper de la région. La région fait ce qu’elle peut sans avoir les moyens de ses ambitions.
L’enlisement du projet serait aujourd’hui complet s’il ne restait quelques champs de bataille encore à gagner. Ainsi, pour contourner la région et créer du mouvement, le gouvernement « reprend la main » sur des territoires en Ile de France. Parmi ceux-ci, en première place, la Défense !
Dans le langage du droit administratif, cela s’appelle une OIN : « opération d’intérêt national ». C’est un label qui permet à l’Etat d’ouvrir la porte à une super-recentralisation sans le dire, dans laquelle il fait ce qu’il veut d’un territoire au nom d’un intérêt supérieur. Maire, Conseillers municipaux, tous ceux que vous élisez lors des élections municipales, après d’homériques batailles, n’ont plus qu’à s’aligner. L’Etat passe, la représentation locale trépasse …
Cela fait plus de 50 ans que Puteaux, Courbevoie et Nanterre se voient dépossédés d’une partie de leur territoire et de leurs responsabilités. On avait presque fini par l’oublier. On y trouvait même des avantages puisque la « manne de la taxe » a permis à nos vieilles cités industrielles d’achever leur « tertiarisation ». Malgré des « nains »politiques locaux (tirant leur légitimité de leur parfaite soumission comme à Puteaux et Courbevoie ou d’une archaïque coalition politique pour Nanterre), la Défense a permis de faire jaillir un espace urbain unique tourné vers l’avenir.
Mais est-il si tourné vers l’avenir que cela ? C’est la nouvelle question qui émerge…
Des voix nombreuses s’élèvent pour évoquer le « modèle dépassé » de la Défense : un quartier non durable et THQE (Totalement – Hautement – Quantitativement Energétivore) ; un hyper développement qui accentue les déséquilibres logement/transport/emploi ; une fuite en avant financière pouvant affecter durablement nos villes, le département et même la région…
La gestion de la Défense, longtemps très opaque, ne s’améliore que lentement. La Cour des Comptes les a épinglés sans discontinuer (et sans succès d’ailleurs). Il y a quelques mois, la Commission des Finances du Sénat faisait encore un rapport sévère. Or la Défense, qui n’a pas été entretenue depuis plus de 40 ans, a beaucoup vieilli. Elle ne peut trouver de ressources que dans la fuite en avant de droits de bureaux à construire
Quant à la gouvernance de la Défense, en avez-vous jamais entendu parler ? Elle est le siège des hauts fonctionnaires, des cabinets politiques, des négociations de coulisses… Dans la configuration actuelle, le Maire de Puteaux à la présidence pèse quasiment autant qu’un pot de chrysanthème.
C’est pourtant à ce même territoire que le Président de la République vient d’imposer un « Plan de Renouveau »…
Rendez-vous bientôt pour la suite...
Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux
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