Né après les élections présidentielles, le Modem s’est engagé posément, comme force d’appui, dans le mouvement de rassemblement citoyen très large qui s’est constitué autour de son leader Christophe Grébert. Fortement soutenu par la population, suivi avec intérêt par le Modem national et les médias, Puteaux Ensemble, au terme d’une campagne d’une grande dignité, sans dérapage d’aucune sorte, a réussi une percée tout à fait inattendue en réunissant près de 5000 voix.
Il aurait pu au second tour faire le choix d’un front « anti ceccaldiste ». La question s’est posée. Ce n’était pas responsable. Puteaux Ensemble, dans le respect de sa diversité, a fait le choix d’entrer dans l’opposition.
Aux côtés du Modem (2 élus), il poursuit aujourd’hui, sous le nom de Alternance Puteaux, le chemin tranquille d’une opposition qu’on peut qualifier sans l’ombre d’une ambiguïté de « constructive » : approbation des décisions municipales quand elles sont bonnes, critique argumentée dans le cas contraire. C’est une tâche difficile, qui exige de la sérénité, des convictions et un sens aigu des responsabilités. Puteaux est en effet au cœur d’un certain nombre d’évolutions. Sa situation financière exceptionnelle est très critiquée. A l’heure des réflexions sur le grand Paris, du réaménagement de la Défense et de son impact sur notre budget, de la réforme des collectivités locales et de la taxe professionnelle, il faut avancer sur une ligne de crête étroite entre la gestion du présent et la préservation de l’avenir.
L’opposition s’inscrit clairement dans cette volonté de maintenir l’exception de Puteaux auxquels nous tenons tous et de rester lucide sur les contraintes qui s’accumulent à l’horizon.
Elle le fait dans un climat très détérioré.
Ce n’est un secret pour personne que nous vivons dans une ville où il n’y a pas de culture d’opposition. L’expression d’une différence, aussi raisonnable soit-elle, est souvent vécue par la majorité sur le mode de l’« offense personnelle », et relayée comme telle. Dans ce système souvent binaire, il n’est pas mauvais de rappeler que l’opposition, telle qu’elle a été élue, travaille sur les questions de gouvernance, et non sur l’affrontement des personnes. La presse n’est que trop friande de ce genre de mets et Puteaux n’a rien à y gagner.
Plus désagréable, l’ambiance des Conseils municipaux : l’insulte y est bien souvent le seul dialogue possible. Nous refusons de nous laisser aller à cette pente. Mais, dans une majorité qui a l’esprit de clan, où le clientélisme crée des tribus, et les tribus des « troupes d’attaque », il y a trop souvent des débordements qui font ressembler Puteaux à l’image qu’en ont les médias nationaux. Quelle tristesse !
Définitivement plus désagréable, pour ne pas dire exécrable, la blogosphère de Puteaux. Nous sommes bien sûr conscients que son audience est marginale. C’est cependant quotidiennement que des blogs « second couteau », d’une qualité discutable, montent à l’assaut avec l’objectif de dénaturer l’action de l’opposition, dont la représentativité n’est pourtant pas discutable. Ils le font avec les méthodes de l’amalgame, de la malfaisance et de la fausse rumeur. Ils se donnent une importance qu’ils n’ont pas. Ils ne servent qu’une idée très approximative, très nauséabonde, très partiale, de la « transparence » en politique.
Ils pratiquent surtout ce qu’on appelle en droit un « harcèlement moral » : à ce titre, leur acharnement (tels des pitbulls accrochés à leur proie), le systématisme de leur dénigrement, leurs « fausses preuves » en vague, leur caractère mono obsessionnel, leur volonté de nuire, bref, tout ce qui caractérise un « harcèlement moral » relève aujourd’hui de la justice.
A chacun de choisir sa méthode en politique. Ce qui est sûr, c’est que de tels abus de droit ne construisent pas la démocratie. Partout en France, il y a des tensions entre majorité et opposition. C’est sain, sous réserve d’être contenu dans des proportions raisonnables et de ressembler à du débat. On a encore rien imaginé aujourd’hui de mieux qu’une opposition pour faire vivre la démocratie quand elle est aiguillon, force de propositions, régulation et contre pouvoir…
Mais à Puteaux, rien n’est comme ailleurs. La surenchère est règle générale, dans la dépense publique comme dans la dispute citoyenne. C’est pourquoi nous appelons nos lecteurs à un discernement de choix dans leur lecture de blogs : tout n’est pas de l’information, bien au contraire. Ainsi, les assauts frénétiques du blog d’un certain F. Chevalier, conseiller municipal de l’opposition ( !), feignant inlassablement de décrire des « objets » de scandale nés de son imagination fertile…
Ce genre de communication, fondée sur la malveillance et la mauvaise foi, a toujours existé en politique. Faut-il pour autant l’accepter ? Surtout lorsque la ficelle est aussi grosse : attaquer l’opposition, c’est chercher à l’affaiblir et la diviser.
Sincèrement, cela sert-il vraiment Puteaux, le fonctionnement serein de sa démocratie, son image politique, la responsabilité intègre des élus d’opposition qui travaillent pour servir un bien plus grand qu’eux ?
Sincèrement, le harcèlement moral, la malveillance et le dénigrement sont-ils une méthode en politique ?
Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux
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