
L’inquiétude monte ces jours chez les parents d’élèves de primaire pour la rentrée prochaine : il est question de classes surchargées et pléthoriques, notamment à Benoit Malon, parce que
la ville se serait laissée dépasser par le nombre d’enfants à inscrire !
Les villes ne subissent pas les « aléas » des inscriptions. Elles disposent d’outils de prévisions, donnés en premier lieu par le PLU (plan local d’urbanisme), les chantiers de construction en cours et les déclarations de naissance. Ces outils permettent d’évaluer le nombre d’enfants à venir (par naissance ou par déménagement) et d’adapter en conséquence le nombre de classes à mettre à disposition.
Si les variations de population semblent avoir échappé aux écrans radar de la ville, c’est tout simplement en raison d’une « anomalie » putéolienne : l’équipe municipale a du mal avec l’exercice de prévision.
Cette carence prévisionnelle a été relevée à nombreuses reprises par la Cour régionale des Comptes, tant au niveau des écoles que des crèches.
Ce constat s’est encore vérifié lors du dernier Conseil municipal où il a fallu, dans l’urgence, créer une crèche pour rattraper une offre structurellement sans rapport avec l’accroissement de la population et de ses besoins.
Depuis 10 ans, nous courrons ainsi, sans la rattraper, derrière la réalité démographique de notre ville ! Résultat : nous avons confié, pour accélérer l’ouverture début 2014 de 60 berceaux, , la construction et la concession d’une crèche à une société privée pour 15 millions d’euros ! Un investissement exorbitant qu’on aurait pu diminuer de moitié en construisant nous-même si, à cause d’une absence de prévision, la situation ne nous avait pas pris à la gorge.
Avec un peu de prévision, nous aurions pu sans l’ombre d’un doute faire plus et beaucoup moins cher, et cela sans compromettre la construction de nouveaux berceaux qui seront vite nécessaires, et que nos capacités d’investissement diminuées de ces 18 millions vont limiter …
Si les dépenses de la ville semblent aujourd’hui relever d’une volonté politique inépuisable, ce n’est plus le cas de nos recettes. Gérer, c’est d’abord prévoir. Notre richesse relative nous a permis jusqu’à présent de corriger nos erreurs de gestion au coup par coup.
Demain, il n’en sera pas de même, alors que nos besoins sont grandissants.
Cessons de faire de l’instantané une méthode de gestion municipale et préparons l’avenir avec des outils sérieux. Un peu comme un coureur de fond, la ville doit apprendre à mesurer son pouls, évaluer son effort, adapter son souffle et trouver son rythme. Sinon, il peut arriver tout simplement que la machine se grippe…
Parce
qu’il est indispensable de défendre notre avenir, il faut cesser de faire de
l’instantané une méthode, et se doter des outils permettant à notre ville de
prendre à tout instant son pouls, de mesurer son effort, d’adapter son souffle
et de trouver le rythme. Car le jour peut arriver où la machine se grippe : il
n’y a pas toujours un médecin à son chevet…
La
prévision est un acte municipal fort et indispensable qui exprime la confiance
d’une ville en son avenir : elle permet d’anticiper les évolutions, elle lisse
sans à coups l’offre et la demande publique, elle dit quelque chose de la
maîtrise des charges et des équilibres budgétaires. On le sait : corriger ou
improviser au dernier moment génère des coûts supplémentaires pour la
collectivité, du stress pour les familles , de l’aléas dans la gestion…
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